Des représentants de douze pays d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb ont adopté mercredi à Dakar une déclaration commune et une feuille de route destinées à améliorer les conditions de travail et la protection sociale des travailleurs domestiques, un secteur qui emploie notamment des millions de femmes, de jeunes filles et de migrants.
Cette adoption marque l’aboutissement d’un forum sous-régional consacré à la valorisation du travail domestique et à la sécurisation des droits des salariés du secteur.
Le texte adopté permet aux gouvernements, aux employeurs et aux travailleurs, réunis au sein du dialogue tripartite, de réaffirmer que le travail domestique constitue un véritable emploi et doit bénéficier de garanties juridiques équivalentes à celles accordées aux autres catégories de travailleurs, a expliqué Ndèye Coumba Diop, directrice du bureau-pays de l’Organisation internationale du travail (OIT) pour la Côte d’Ivoire.
« Cela inclut un recrutement équitable, une couverture santé, la sécurité au travail ainsi que la prévention stricte de la violence et du harcèlement », a-t-elle précisé, en référence notamment à la Convention n° 190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement dans le monde du travail.
Malgré les avancées enregistrées depuis l’adoption, en 2011, de la Convention n° 189 de l’OIT sur les travailleuses et travailleurs domestiques, le secteur reste marqué par une forte informalité et une protection sociale insuffisante, selon les participants.
La principale avancée du forum réside dans l’adoption par consensus d’une feuille de route indicative, a souligné Mme Diop. Élaboré à partir des contributions des différents pays, ce document définit des pistes de coopération régionale sans établir de classement entre les États ni se substituer à leurs obligations au regard des normes de l’OIT.
La feuille de route prévoit notamment de favoriser la formalisation des emplois domestiques, en encourageant la mise en place de contrats de travail stables. Elle vise également à étendre la protection sociale aux salariés des ménages, notamment en matière de couverture santé et de prévoyance.
La professionnalisation des métiers du travail domestique et la reconnaissance de leur contribution à l’économie du soin figurent aussi parmi les priorités. Le renforcement du dialogue social, aux niveaux national et transfrontalier, doit contribuer à la mise en œuvre durable de ces orientations.
Les signataires ont appelé les gouvernements ainsi que les partenaires techniques et financiers à soutenir le déploiement des réformes, en tenant compte des réalités et des cadres législatifs propres à chaque pays.
Avec cette déclaration, l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb se dotent d’un cadre commun de coopération visant à promouvoir le travail décent dans le secteur domestique, s’est réjouie la directrice du bureau-pays de l’OIT pour la Côte d’Ivoire.
Intervenant à la clôture des travaux, Coumba Sané, représentante du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, a salué la qualité des échanges et la pertinence des orientations retenues.
Elle a réaffirmé l’engagement du Sénégal à entreprendre les réformes nécessaires pour renforcer la reconnaissance juridique et sociale du travail domestique et garantir l’effectivité des droits des personnes qui exercent ces métiers.
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