La réussite de la transformation numérique des médias repose autant sur l’évolution des mentalités et des méthodes de management que sur l’adoption de nouvelles technologies, a déclaré vendredi le président de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), Mamadou Diagne.
« La transformation digitale, ce n’est pas une question d’iPhone, de MacBook ou d’Apple Watch, c’est une question de mindset », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité pour les entreprises de presse de repenser leur fonctionnement face aux mutations du secteur.
Mamadou Diagne s’exprimait lors d’un panel consacré aux modèles économiques des médias à l’heure des transformations numériques, organisé dans le cadre de la deuxième édition du Salon international des médias d’Afrique (SIMA) 2026.
Les échanges ont notamment porté sur l’arrivée de nouveaux acteurs numériques, la diversification des sources de revenus et les possibilités offertes par la monétisation des plateformes, les abonnements et les partenariats avec les créateurs de contenu.
Pour le président de la CJRS, l’évolution des habitudes de consommation de l’information impose aux médias de revoir leurs stratégies éditoriales et organisationnelles afin de mieux répondre aux attentes du public.
Cette adaptation doit concerner l’ensemble des professionnels qui contribuent à la production et à la diffusion de l’information, a-t-il relevé, citant notamment les journalistes, les techniciens du son, les monteurs et les infographistes.
Le numérique, un levier de développement économique pour les médias
« Toute l’architecture de ce média doit s’adapter aux nouvelles technologies », a insisté Mamadou Diagne, regrettant que la transformation digitale ne s’accompagne pas toujours d’une véritable stratégie de changement au sein des entreprises de presse sénégalaises.
S’appuyant sur son expérience à la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS), il a rappelé les réticences rencontrées au début de l’utilisation du téléphone portable dans la production et la promotion des contenus, alors que les équipements traditionnels restaient privilégiés.
Il a, dans ce contexte, souligné le rôle déterminant des responsables des médias dans la conduite de cette transition, estimant qu’une vision claire et l’implication des équipes dirigeantes sont indispensables pour réussir le virage numérique.
À titre d’exemple, le président de la CJRS a indiqué que le service digital de la RTS génère désormais des revenus qui permettent, selon lui, de couvrir les charges de fonctionnement d’une équipe de plus de dix personnes.
Cette expérience illustre, à ses yeux, le potentiel du numérique dans la recherche de ressources propres pour les entreprises de presse, sans dépendre systématiquement de nouveaux financements publics.
Miser sur les compétences et s’inspirer des créateurs de contenu
Mamadou Diagne a également insisté sur la nécessité de renforcer les compétences des équipes et de favoriser l’intégration de profils issus d’autres secteurs professionnels pour accompagner les mutations du paysage médiatique.
Il a notamment invité les journalistes à s’inspirer des créateurs de contenu, dont les stratégies de valorisation et de commercialisation des productions peuvent contribuer à renouveler les pratiques professionnelles et à améliorer la rentabilité des médias.
« Le journaliste peut s’inspirer du créateur de contenu, parce que le créateur de contenu sait comment vendre son produit. C’est ainsi que le journaliste doit se réinventer », a-t-il conclu.
Pour le président de la CJRS, la transformation numérique des médias implique ainsi une refonte globale des pratiques, des compétences et des modèles économiques, au-delà du seul investissement dans les équipements technologiques.
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