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L’ingénieur des pêches et de l’aquaculture Ibrahima Lô estime que la pêche industrielle exerce un impact « globalement négatif » sur les communautés côtières et les acteurs de la pêche artisanale au Sénégal.

« L’impact de la pêche industrielle sur les communautés côtières est globalement négatif », affirme-t-il dans un entretien avec l’APS, soulignant que cette activité, qu’elle soit exercée par des navires étrangers ou par des bateaux disposant de licences sénégalaises, affecte les équilibres biologiques, économiques et socioculturels des zones littorales.

Selon le spécialiste, la présence de navires industriels dans des espaces proches des côtes contribue à la diminution des captures de la pêche artisanale et à la raréfaction de certaines espèces, notamment la sardinelle, le chinchard et le maquereau.

Cette situation prive les pêcheurs artisanaux d’une partie importante de leurs ressources et pourrait, selon lui, accentuer les risques liés à l’insécurité alimentaire.

Ibrahima Lô souligne également les répercussions de cette situation sur les activités de transformation du poisson dans plusieurs localités côtières, notamment Cayar, Rufisque, Joal-Fadiouth et Saint-Louis. Ces activités font face, dit-il, à un « manque cruel de matières premières ».

La baisse des ressources halieutiques entraîne par ailleurs une « précarisation » des acteurs de la pêche artisanale, avec des conséquences sur les revenus des pêcheurs et des mareyeurs, fait-il valoir.

L’ingénieur alerte aussi sur les conséquences environnementales de certaines pratiques de pêche industrielle. Il estime que l’utilisation d’engins non sélectifs peut endommager les habitats benthiques et les frayères, compromettant ainsi la durabilité des écosystèmes marins.

Face à ces défis, Ibrahima Lô préconise une réduction de la pression exercée par la pêche industrielle et appelle à revoir les conditions d’attribution des licences et autorisations de pêche, en y intégrant davantage de critères écologiques.

Il recommande également le respect strict de la zone des six milles nautiques réservée à la pêche artisanale, ainsi qu’une « transparence totale » dans l’attribution des licences et autorisations.

Enfin, il plaide pour la modernisation des équipements de contrôle et de surveillance des activités de pêche et pour un renforcement de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.


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