L’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) a lancé un exercice de cartographie des risques de corruption dans les secteurs des transports routier et aérien, afin d’identifier les principales vulnérabilités des procédures et de proposer des mesures destinées à renforcer la transparence et l’intégrité.
L’annonce a été faite mercredi à Saly (Mbour) par le président de l’OFNAC, Moustapha Ka, à l’ouverture d’un atelier consacré à cette démarche.
La rencontre réunit notamment des représentants de l’administration publique, des services techniques, des forces de défense et de sécurité, des professionnels du transport, des organisations syndicales et professionnelles, des acteurs de l’assurance ainsi que des représentants de la société civile.
Identifier les vulnérabilités sans désigner de responsables
Moustapha Ka a tenu à préciser que la cartographie des risques ne constitue pas une démarche visant à incriminer une administration ou à désigner des responsables.
« Cartographier un risque, ce n’est pas désigner un coupable ni désigner une administration », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette initiative s’inscrit dans l’approche développée par l’OFNAC avec les acteurs des secteurs stratégiques de l’économie nationale. Elle vise à identifier, de manière concertée, les situations susceptibles de favoriser la corruption et à mettre en place des mécanismes permettant de réduire ces risques.
Le président de l’OFNAC a par ailleurs rappelé les avancées enregistrées en 2025 dans le renforcement du dispositif national de prévention et de lutte contre la corruption, avec l’adoption de quatre lois et de quatre textes réglementaires.
Il a notamment cité les lois 2025-12 du 3 septembre 2025 portant création de l’OFNAC, 2025-13 relative à la déclaration de patrimoine, 2025-14 portant statut et protection des lanceurs d’alerte et 2025-15 relative à l’accès à l’information, ainsi que leurs décrets d’application.
Ce nouveau cadre juridique, a-t-il indiqué, « refonde notre dispositif national d’intégrité » en renforçant notamment la prévention de la corruption, la transparence, la redevabilité, la détection des atteintes à la probité et la protection des lanceurs d’alerte.
Transports : prévenir les risques pour renforcer la sécurité
Le choix des secteurs des transports routier et aérien s’explique par leur importance dans la vie économique et sociale du pays, selon Moustapha Ka.
Ces domaines sont en effet caractérisés par une multitude de procédures d’autorisation, de contrôle et de sanction, allant de la délivrance des permis, licences et agréments au contrôle technique des véhicules, en passant par les contrôles routiers, la gestion des infrastructures et le paiement des amendes et pénalités.
« Partout où existe une décision administrative, un contrôle, une autorisation, une sanction ou un pouvoir d’appréciation, il convient de s’assurer que les procédures sont suffisamment transparentes et sécurisées pour prévenir les risques de corruption », a-t-il soutenu.
Le président de l’OFNAC a également établi un lien entre intégrité, gouvernance et sécurité des personnes, en revenant notamment sur l’accident de Sikilo, survenu en janvier 2023 et ayant fait 40 morts.
À la suite de ce drame, 23 mesures avaient été préconisées, portant notamment sur les conditions d’exploitation des transports de passagers et de marchandises, le contrôle technique, l’octroi des agréments, l’accès au permis de conduire ainsi que la dématérialisation du paiement des amendes et pénalités.
Pour Moustapha Ka, ces mesures illustrent le fait que, dans le secteur des transports, « l’intégrité n’est pas seulement une question de bonne gouvernance », mais également « une question de sécurité publique ».
Vers un plan de mitigation des risques
Au terme des trois jours de travaux, l’OFNAC entend disposer d’un outil d’aide à la décision permettant aux autorités et aux différents acteurs du secteur de mieux cibler les principales vulnérabilités.
L’exercice devra notamment aboutir à l’élaboration d’un plan de mitigation des risques de corruption, accompagné de recommandations opérationnelles et d’une feuille de route.
Moustapha Ka a invité les participants à faire de l’atelier « un véritable espace de dialogue professionnel ouvert, franc et constructif ».
Il les a également encouragés à examiner les procédures dans leur fonctionnement réel, tout en mettant en évidence les bonnes pratiques et les éventuelles insuffisances des mécanismes de contrôle, afin de dégager des solutions adaptées aux réalités des secteurs concernés.
En savoir plus sur MEDIA-FD
Subscribe to get the latest posts sent to your email.