Un atelier national de sensibilisation consacré au Traité des Nations unies sur la haute mer s’est ouvert mercredi à Dakar, avec pour objectif de renforcer l’appropriation de cet instrument juridique international et d’accélérer son processus de ratification et de mise en œuvre par le Sénégal.
Des parlementaires, des représentants du gouvernement ainsi que des experts issus de plusieurs secteurs participent à cette rencontre dédiée à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones ne relevant pas de la juridiction nationale, communément désignée par l’acronyme BBNJ, pour « Biodiversity Beyond National Jurisdiction ».
Vers une stratégie nationale concertée pour la haute mer
L’atelier doit contribuer à poser les bases d’une stratégie collective sénégalaise autour de la gouvernance et de la gestion durable de la haute mer, a indiqué le représentant du directeur des Aires marines et communautés protégées, Jean Valentin Samedy.
« L’objectif principal de cette rencontre est d’informer, de mobiliser et de pousser l’ensemble des acteurs nationaux à s’approprier ce nouvel instrument juridique international, afin d’accélérer le processus de ratification et de mise en œuvre par le Sénégal », a-t-il déclaré.
Avec l’appui du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), l’atelier entend également jeter les bases d’une gestion collective de la haute mer.
Selon M. Samedy, les espaces marins situés au-delà des juridictions nationales représentent plus de la moitié de la surface de la planète et abritent une biodiversité exceptionnelle, qui joue notamment un rôle important dans la régulation du climat.
Pour le Sénégal, pays fortement dépendant des ressources océaniques, notamment pour son économie bleue et sa sécurité alimentaire, l’Accord BBNJ représente une opportunité stratégique plutôt qu’une simple contrainte juridique, a-t-il souligné.
Il pourrait notamment contribuer au renforcement de la souveraineté scientifique du pays, au développement de ses capacités de négociation et à une participation plus active à la gouvernance internationale des océans.
La mise en œuvre du traité nécessite toutefois une approche interministérielle et multisectorielle, impliquant notamment les départements chargés de l’Environnement, des Affaires étrangères, de la Pêche, de la Recherche scientifique et de la Justice, ainsi que le Parlement, le secteur privé, les universités et les organisations de la société civile.
Les travaux devront ainsi permettre de clarifier les responsabilités institutionnelles, d’identifier les besoins juridiques et de renforcer les capacités scientifiques et technologiques nationales.
« L’enjeu est de permettre au Sénégal de tirer pleinement profit des retombées de la recherche biologique marine et de s’affirmer non plus comme un simple bénéficiaire, mais comme un producteur de connaissances sur la scène océanique internationale », a insisté Jean Valentin Samedy.
Le Parlement appelé à accompagner la mise en œuvre du traité
Prenant part aux travaux, le député Samba Dang a salué l’engagement de l’Assemblée nationale du Sénégal, qu’il a présentée comme « l’une des premières à ratifier l’Accord BBNJ ».
Vice-président de l’Assemblée nationale et président de la commission du Développement durable et de la Transition écologique, M. Dang a rappelé que cette rencontre intervient à quelques mois de la première Conférence des parties (COP) consacrée au traité sur la haute mer, prévue du 11 au 22 janvier 2027 au siège des Nations unies, à New York.
Le parlementaire a insisté sur l’importance de la traduction effective du traité dans le cadre normatif national, tout en appelant les pays africains à tirer parti des mécanismes de financement et d’assistance technique prévus pour renforcer leurs capacités technologiques et scientifiques.
Il a également exhorté ses collègues parlementaires à jouer pleinement leur rôle en matière de plaidoyer et de dialogue politique, en cohérence avec les orientations du nouveau plan stratégique « Sénégal 2050 ».
Selon lui, les recommandations issues de l’atelier devront déboucher sur des actions concrètes au bénéfice des pouvoirs publics et des populations.
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