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Alors que le débat autour de la mobilisation de 500 millions de FCFA dans le cadre des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) suscite des interrogations, Khadim Bamba Fall, membre de Pastef, choisit de répondre par une proposition plutôt que par la seule critique : et si cette enveloppe était réorientée vers la santé et l’éducation ?

« Puisque vous demandez d’arrêter les critiques et de faire des propositions, je réponds fraternellement à cet appel avec cette contribution », écrit-il.

Pour étayer sa réflexion, Khadim Bamba Fall rappelle d’abord la devise de la Fondation concernée : « Ensemble pour chaque vie ». Il s’interroge ensuite sur l’impact concret que pourrait avoir une telle enveloppe si elle était consacrée aux besoins prioritaires des populations.

Santé : des infrastructures et des équipements à renforcer

Dans le secteur sanitaire, les possibilités avancées sont nombreuses.

Selon les estimations qu’il présente, la construction et l’équipement d’un poste de santé pourraient coûter environ 150 millions de FCFA. Une enveloppe de 500 millions permettrait donc, théoriquement, de financer trois postes de santé dans des zones rurales ou périurbaines.

Il cite notamment l’exemple du poste de santé de Cambérène 2, présenté comme ayant été réalisé sur une superficie de 500 m² et comprenant notamment une maternité, un dispensaire ainsi que des logements pour le personnel de santé.

Autre piste évoquée : la réhabilitation des centres de santé de district. Avec une estimation de 250 millions de FCFA pour un centre comprenant notamment une maternité, un laboratoire et une salle d’opération, les 500 millions pourraient permettre d’en réhabiliter deux.

L’équipement médical constitue également un autre levier. Une ambulance médicalisée étant estimée à environ 40 millions de FCFA, cette enveloppe pourrait permettre d’en acquérir 12 à 13.

Khadim Bamba Fall évoque également les laboratoires de district. Avec une estimation de 100 millions de FCFA pour équiper un laboratoire en matériel d’hématologie, de biochimie et de sérologie, les 500 millions pourraient théoriquement permettre d’en rendre cinq opérationnels.

Dialyse et greffe rénale : des vies directement concernées

La question de la prise en charge des patients souffrant d’insuffisance rénale occupe également une place importante dans sa réflexion.

Sur la base d’un coût estimatif de 12 millions de FCFA par générateur d’hémodialyse, l’enveloppe permettrait d’acquérir environ 41 générateurs.

Il avance également l’hypothèse d’un financement de greffes rénales. En retenant une estimation de 20 millions de FCFA par intervention, 500 millions pourraient théoriquement financer 25 greffes.

Pour la dialyse dans le secteur privé, avec une séance estimée à 60 000 FCFA, l’enveloppe représenterait environ 8 333 séances. En prenant comme référence six séances par patient, cela correspondrait à environ 1 388 patients.

Des chiffres qui donnent une autre dimension au débat : derrière une enveloppe financière se trouvent aussi des infrastructures, des équipements et potentiellement des vies prises en charge.

Éducation : construire des salles de classe et renforcer les effectifs

L’éducation constitue le deuxième axe de cette proposition.

Selon les estimations avancées, la construction d’une salle de classe répondant aux normes pourrait coûter entre 6 et 15 millions de FCFA.

En prenant l’hypothèse basse de 6 millions, les 500 millions permettraient de construire environ 83 salles de classe. Une telle enveloppe pourrait ainsi contribuer, selon cette projection, à la réduction des abris provisoires qui constituent encore une réalité dans certaines zones du pays.

Le recrutement et la rémunération des enseignants constituent également une possibilité.

Avec une rémunération hypothétique de 300 000 FCFA par mois, les 500 millions permettraient de financer annuellement environ 139 enseignants.

« Quel impact pour ce peuple ? »

Au-delà des chiffres, Khadim Bamba Fall veut replacer le débat sur la question de l’impact.

Il rappelle que la Fondation revendique deux axes d’intervention : la santé et l’éducation, avec également le principe : « Intervenir là où l’impact est essentiel. »

Dès lors, sa question est directe : si des ressources sont mobilisées au nom du peuple, quel impact concret ce peuple doit-il pouvoir en attendre ?

La réflexion ne porte donc pas uniquement sur les JOJ ou sur la pertinence d’une mobilisation. Elle pose plus largement la question des priorités dans l’utilisation des ressources financières et du choix entre une dépense ponctuelle liée à un événement et des investissements susceptibles de produire un impact social durable.

Cette proposition ouvre ainsi un nouveau chapitre du débat : 500 millions de FCFA doivent-ils être consacrés à la mobilisation autour d’un événement, ou pourraient-ils produire un impact plus durable dans les écoles, les postes de santé, les centres médicaux et auprès des patients ?

Une question qui, au-delà des clivages politiques, mérite d’être posée dans l’espace public.

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