Le Sénégal entend accélérer la transformation de son système alimentaire afin de renforcer sa production nationale et de réduire sa dépendance aux importations. C’est l’appel lancé par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Cheikhou Oumar Ba, à l’ouverture de la 9e édition du Festival Alimenterre, lundi à Dakar.
« Nous avons besoin d’inverser la tendance », a-t-il déclaré lors de cette cérémonie organisée à l’initiative du Cadre national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), en partenariat avec Humundi-SOS Faim.
Placée sous le thème « Souveraineté alimentaire au Sénégal : produire durablement, manger sainement, nourrir nos villages et nos villes », cette édition se poursuivra jusqu’au 31 octobre à Thiès, après son lancement dans la capitale.
Selon le ministre, le Sénégal dépense chaque année près de 1 000 milliards de francs CFA pour importer des produits alimentaires. Une facture qui constitue, à ses yeux, un enjeu économique majeur, mais également une occasion de renforcer les capacités des producteurs et des transformateurs locaux.
Cheikhou Oumar Ba a rappelé que la souveraineté alimentaire figure parmi les priorités de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Elle occupe également une place importante dans la Stratégie nationale de développement 2025-2029 et la Stratégie de souveraineté alimentaire 2025-2034.
Pour concrétiser ces ambitions, le ministre préconise notamment la structuration de chaînes de valeur adaptées aux territoires, l’amélioration des circuits de commercialisation et la promotion de la consommation des produits locaux.
« Nous devons manger ce que nous produisons et produire ce que nous mangeons », a-t-il insisté, appelant les Sénégalais à accorder davantage de place aux denrées du terroir et à diversifier leurs pratiques alimentaires. Il a notamment évoqué la bouillie et le couscous comme des préparations locales à valoriser pour encourager cette évolution.
Le ministre a également souligné que la réussite de cette politique nécessite une mobilisation collective impliquant l’État, les collectivités territoriales, les organisations de producteurs, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers ainsi que les consommateurs.
Parmi les défis à relever, il a mis en avant les capacités de stockage, la régulation des marchés de produits vivriers et la contractualisation entre les acteurs. Ces mécanismes doivent permettre de garantir des débouchés aux producteurs et d’assurer une meilleure disponibilité des denrées alimentaires issues de la production nationale.
Sur le volet de la modernisation du secteur agricole, Cheikhou Oumar Ba a fait état de l’expérimentation d’une plateforme numérique destinée à gérer les subventions agricoles dans les départements de Nioro et de Tivaouane. Selon lui, ce dispositif a permis de toucher 57 398 producteurs.
Il a enfin annoncé la poursuite des travaux visant à mettre en place un Registre national électronique des agriculteurs, reposant sur le principe « un producteur, une identité, un droit ». Cet outil doit contribuer à améliorer l’identification des exploitants et la gestion des dispositifs de soutien au secteur agricole.
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