Le naufrage du bateau Le Joola est « une part de notre conscience nationale » que l’État ne saurait effacer, a déclaré le Premier ministre, Mouhamed Al Aminou Lô, samedi à Ziguinchor, à l’occasion de la 24e cérémonie de commémoration de la tragédie survenue le 26 septembre 2002.
« Le Joola n’est pas seulement une tragédie de notre histoire. C’est devenu une part de notre conscience nationale, et ça restera une conscience nationale constructive pour l’avenir. L’État n’a pas effacé la douleur et ne saurait effacer le souvenir. Je voulais vous le dire : l’État ne peut jamais oublier cela », a-t-il déclaré devant des membres du gouvernement, des autorités administratives et des familles de victimes.
Selon le chef du gouvernement, « se souvenir, c’est faire vivre ceux qui ne sont plus parmi nous et leur redonner un visage ». Il a ainsi présenté le Mémorial du Joola comme un sanctuaire pour les familles, un lieu de recueillement pour les visiteurs, un espace de transmission pour les générations futures et un rappel permanent destiné aux responsables publics.
M. Lô a estimé que le drame du Joola enseigne que la responsabilité n’est pas seulement individuelle, mais également collective.
« Lorsque des règles sont connues mais insuffisamment respectées, lorsque les alertes restent sans écho, lorsque les responsabilités se diluent, c’est toute la communauté qui devient vulnérable », a-t-il souligné, estimant que le Joola « doit servir de point de départ à un changement de comportement et de mentalité dans ce pays ».
Le Premier ministre a assuré avoir engagé son gouvernement à œuvrer afin que « tout ce qui n’a pas encore pu être fait pour le souvenir du Joola soit fait ». Il a, dans le même temps, appelé les citoyens à faire preuve de rigueur, de responsabilité, de conscience et de respect des règles.
Il a également rappelé que les risques liés aux comportements ayant contribué à la tragédie restent présents, évoquant notamment les pirogues de pêche surchargées, les embarcations de fortune utilisées dans le cadre de l’émigration irrégulière ainsi que certaines liaisons fluviales et maritimes insuffisamment contrôlées.
« La leçon du Joola n’est pas derrière nous, elle est encore sous nos yeux et elle restera sous nos yeux tant que les comportements qui ont amené cette tragédie ne sont pas annulés », a-t-il averti.
Dans son discours, le chef du gouvernement a également rendu hommage aux pêcheurs, « les premiers qui se sont portés au secours des naufragés », ainsi qu’au personnel de santé, aux forces armées, aux forces de défense et de sécurité, aux volontaires et à toutes les personnes qui ont fait preuve de courage et de solidarité dans les heures ayant suivi le naufrage.
Il a plaidé pour que le Mémorial demeure un « témoin silencieux » de cette histoire.
« Qu’il demeure un lieu où les vivants trouvent consolation, où les jeunes générations viennent apprendre, et où les responsables publics viennent se rappeler que servir la nation est un devoir qui engage devant Dieu et devant les hommes », a-t-il conclu.
Auparavant, le Premier ministre s’était rendu au cimetière de Kantène, dans la commune de Niassya, pour se recueillir. Il a ensuite déposé une gerbe de fleurs au Mémorial du bateau Le Joola, en hommage aux victimes et aux rescapés du naufrage survenu au large des côtes gambiennes le 26 septembre 2002.
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