Des familles sénégalaises regroupées au sein du Collectif national des parents de détenus sénégalais du Maroc réclament le transfèrement de leurs proches incarcérés dans le royaume chérifien afin qu’ils puissent y achever leurs peines au Sénégal.
Le collectif fonde sa demande sur la convention d’assistance aux détenus et de transfèrement des personnes condamnées signée entre le Sénégal et le Maroc en 2004. Sa ratification par le Sénégal a été autorisée en mars 2025, avant la publication de la loi correspondante au Journal officiel en avril de la même année.
Selon des sources concordantes, une cinquantaine de Sénégalais détenus au Maroc, principalement pour des faits liés à des tentatives d’émigration irrégulière, ont engagé des démarches dans le cadre de cette convention. Les autorités marocaines auraient examiné leurs dossiers et donné un avis favorable à leur transfèrement au Sénégal. Les familles attendent désormais une avancée du côté sénégalais.
Dans un communiqué publié le 5 juillet, le collectif a ainsi lancé un appel au président Bassirou Diomaye Faye, lui demandant de veiller à la mise en œuvre effective de la convention. Les parents estiment que le transfèrement permettrait à leurs proches de purger le reste de leurs peines dans leur pays, tout en facilitant les visites et le soutien familial.
Parmi les familles mobilisées figure celle d’Adama Mbengue, président du collectif. Son fils, âgé de 35 ans, a été arrêté en janvier 2022 alors qu’il tentait de rejoindre l’Espagne à bord d’un zodiac. Condamné à dix ans de prison, il n’a pas vu sa famille depuis plus de quatre ans.
D’autres parents racontent des situations similaires. Une mère de Thiaroye explique que son fils, condamné à dix ans de prison en 2023, doit normalement être libéré en 2033. Elle lui envoie chaque mois 35 000 francs CFA pour contribuer à ses besoins. À Kaolack, la famille d’un ancien conducteur de moto-taxi, condamné à dix ans après une réduction de peine en appel, espère également son retour au Sénégal.
Pour ces familles, l’éloignement accentue la souffrance liée à la détention. Elles dénoncent notamment les difficultés financières et l’impossibilité de rendre régulièrement visite à leurs proches.
Certains détenus, joints par téléphone, affirment également vivre des conditions de détention difficiles. L’un d’eux, condamné à dix ans de prison, conteste notamment les accusations selon lesquelles il aurait organisé une traversée clandestine vers l’Espagne. Il assure avoir seulement tenté de réparer le moteur de l’embarcation après une panne en mer.
Malgré leur lassitude, les familles continuent de croire à un dénouement favorable. Elles demandent surtout aux autorités sénégalaises de prendre les mesures nécessaires pour rendre effective la convention avec le Maroc et permettre à leurs proches de poursuivre leur détention dans leur pays d’origine.
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